Année de production

    Identifiants chercheur

    • IdHAL : zakaria-taha

    Widget extérieur

    Nombre de documents

    0

    Chercheur associé au GSRL (Groupe Sociétés, Religions, Laïcités) CNRS-EPHE


    Mes recherches se situent dans le cadre de l’histoire des idées politiques des pays du Proche-Orient arabe. Elles portent sur le rapport entre le politique et le religieux, sur la question des mutations identitaires auxquelles est soumise le Proche-Orient notamment depuis le déclanchements des soulèvements arabes en 2011. Le printemps arabe qui incarne l’aspiration des peuples arabes à la démocratie en Egypte, en Tunisie, en Libye ou au Maroc, se traduit par la victoire des islamistes aux élections législatives. Pourtant, ces soulèvements populaires se voulaient dépourvus de toute revendication religieuse et encore moins idéologique ou partisane. Comment expliquer alors la victoire des islamistes qui n’ont eu aucun rôle dans le déclanchement de ces soulèvements ? Cette victoire des islamistes reflète-t-elle l’épuisement des modèles laïques nationalistes arabes ? Les raisons semblent complexes et variables d’un pays à un autre.

    A l’exception de la Turquie, qui réussit à conduire un processus, progressif, de démocratisation, avec notamment les islamistes représentés par l’AKP, les expériences laïques en terre d’islam sont synonymes d’autoritarisme, un autoritarisme qui s’exerce sur l’ensemble de la société aux niveaux politique, social et économique (Tunisie, Irak, Syrie). Aujourd’hui, l’exemple de la Turquie ne séduit pas seulement les mouvements islamistes arabes mais également les laïques qui n’hésitent pas à l’ériger en modèle. Le modèle turc est-il transposable à la région arabe ? L’islam peut-il être cadre et vecteur du processus de démocratisation dans le monde arabe ?

    Le printemps arabe est aussi l’occasion pour les minorités longtemps marginalisées, notamment ethniques, de rendre publiques leurs revendications aux droits nationaux. Au Yémen, en Libye, au Maroc et en Syrie, les dynamiques identitaires se multiplient. Cette question se trouve aujourd’hui au centre des problèmes qu’affrontent nos sociétés arabes.

     

    Mon projet de recherche entend mener une réflexion sur la question des mutations identitaires, sociales et politiques auxquelles est soumise le Proche-Orient, notamment depuis le printemps arabe, en privilégiant l’analyse de la dimension « politique et sociale », et en considérant l’influence de pays régionaux comme la Turquie, l’Iran. Il s’agit de s’interroger sur les dimensions sociales, politiques et religieuses de ces changements qui touchent actuellement le monde arabe en particulier, en passant par les phases de transition politique et de crise économique et sociale plus ou moins longues que les États connaissent.