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CV Marion Coste


Après un master « étude de genre et littératures postcoloniales » à Paris 3, j’ai passé mon agrégation de lettres modernes puis soutenu ma thèse sur l’œuvre de Michel Butor et la musique en 2015. J’ai été qualifiée aux fonctions de maître de conférence en section 9 en 2016 et j’attends le renouvellement de ma qualification. Je suis membre permanent de l’UMR Héritages (CY Cergy Paris Université) et « jeune docteur » de THALIM (Paris III – Sorbonne-Nouvelle). J’ai publié deux ouvrages, dont ma thèse, et 23 articles (9 à paraître). En parallèle de mes études littéraires, j’ai poursuivi des études musicales dans différents conservatoires à rayonnement régional, à la fois en guitare classique (cycle spécialisé), en formation musicale (validation de l’unité de DEM) et en musique de chambre (validation de l’unité de DEM). Cette double formation m’a poussée à penser l’intermédialité tout au long de mes recherches.

Mes travaux sur Michel Butor m’ont amenée à penser la musique comme un art du lien, entre les régions et les cultures du monde. La musique, chez Michel Butor, invite à une réflexion sur la polyphonie en littérature, c’est-à-dire à la façon dont plusieurs voix peuvent résonner simultanément dans un texte. Cela l’amène à des innovations formelles tels que les collages textuels, caractéristiques du Nouveau roman. C’est l’occasion pour l’auteur de penser la mondialisation comme écoute de la différence culturelle. Toute une partie de ma thèse concerne les relations de l’œuvre de Michel Butor au jazz, ainsi que ses performances en tant que récitant avec des jazzmen : cette musique, parce qu’elle est née dans l’esclavage et a accompagné les luttes pour les droits civiques aux Etats-Unis, est particulièrement liée, dans l’œuvre de Michel Butor, à une réflexion sur l’interculturalité.

Ainsi, après ma thèse, il m’a semblé cohérent d’ouvrir mes recherches aux littératures postcoloniales, que je n’avais cessé de fréquenter depuis mon master « étude de genre et littératures postcoloniales », notamment autour du jazz. A travers la lecture de L’Atlantique noir de Paul Gilroy, j’ai découvert le rôle fondamental de la musique dans la construction de cultures noires transcontinentales, et la façon dont la musique pouvait véhiculer des réflexions sur la situation postcoloniale. Dans cette optique, la musique est aussi considérée comme l’art du lien par excellence : mes réflexions de thèse sur l’intermédialité (par exemple : la musique est-elle un langage ? Possède-t-elle la capacité de signifier ? Décrit-elle un monde ?) se sont poursuivies dans ce nouveau corpus en s’enrichissant d’autres approches, notamment autour des questions de races. Cette dynamique d’ouverture, en germe dans mon travail sur Michel Butor, se poursuit encore dans mes travaux actuels avec une récente ouverture sur les « littératures de banlieues » et le rap.

J’ai eu l’opportunité d’être dramaturge pour la compagnie La Cage lorsque celle-ci a mis en scène Votre Faust, opéra variable co-écrit par Michel Butor et Henri Pousseur : ce fut pour moi l’occasion d’expérimenter cette intermédialité concrètement, sur scène, et de m’ouvrir à la création théâtrale et musicale contemporaine, ce qui m’a ensuite amené à travailler avec l’UMR Péniche Opéra sur la question du théatre lyrique, et à suivre le travail de l’ensemble de musique contemporaine TM+. Cette expérience a donné lieu à la publication de mon deuxième ouvrage.

Enfin, j’ai enseigné dans le secondaire (quatre ans), en INSPE (un an), en IUT (quatre ans) et assuré un certain nombre de vacations en licence de lettres modernes à Paris III. J’ai appris à m’adapter à tout type de public scolaire et universitaire, mettant en place différents dispositifs pédagogiques (pédagogie par projet, travail de groupe, théâtre d’improvisation) pour répondre aux besoins de mes élèves et étudiants. J’ai eu l’occasion, dans ces établissements, d’assurer diverses tâches administratives (professeure principale de classes et direction d’un club théâtre au lycée, suivi de mémoire de M2 en INSPE, rédaction des consignes d’écriture des rapports, suivi de stage, soutenance, direction de projet et vérification des candidatures à l’alternance en IUT).


Adèle Godefroy   

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  • Mireille Calle-Gruber, Adèle Godefroy, Jean-Paul Morin, Marion Coste. 6 810 000 litres d’eau par secondes : faire chanter les voix des chutes du Niagara. Cahiers Butor no1, Compagnonnages de Michel Butor, Paris, Hermann,, 2019. ⟨hal-03174117⟩