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Curriculum vitae


Ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Paris (A/L, 2009), agrégé d'histoire, je suis depuis le 1er septembre 2020 membre de l'Ecole française de Rome.

Ma thèse de doctorat, soutenue à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2018, est intitulée "Les catholiques français face à l'unification italienne (1856-1871). Une mobilisation internationale de masse entre politique et religion". Elle étudie les répercussions de l’unification italienne sur le catholicisme français de 1856 à 1871. Alors que les catholiques avaient été jusque-là un des piliers du régime impérial, l’appui donné par Napoléon III au mouvement national italien mit un terme à cette situation. Parce qu’ils remettaient en cause le pouvoir temporel du pape, les événements italiens donnèrent lieu à une vaste mobilisation des fidèles. Tandis que cette mobilisation a longtemps été analysée par les historiens comme un mouvement ayant surtout impliqué le clergé et les notables légitimistes, mes recherches montrent qu’il s’agit en réalité d’un mouvement de masse. Ma thèse met en évidence les conséquences d’une telle mobilisation dans le domaine politique et dans le domaine religieux. Elle montre l’assimilation par les catholiques des formes classiques de la lutte politique moderne, utilisées à gauche comme à droite, et l’élaboration de moyens d’action plus originaux, fondés sur la politisation de la parole et de la pratique religieuses. Elle replace la mobilisation dans le cadre de la stratégie diplomatique du Saint-Siège, visant à s’appuyer sur les fidèles, en analysant les engagements dans l’armée pontificale et la mobilisation financière des catholiques. Enfin, la thèse met en évidence l’influence de la question romaine sur plusieurs mutations touchant le catholicisme depuis le début du siècle, qu’il s’agisse du mouvement vers Rome, de l’affirmation du catholicisme intransigeant ou de la place nouvelle des laïcs au sein de l’Église. C’est, en somme, une voie de modernisation alternative, construite en opposition aux principes de la modernité libérale, que cette étude entend mettre en évidence.

Le projet de recherches sur trois ans que je dois mener au sein de l'Ecole française de Rome est intitulé "Rome et la contre-révolution en Europe occidentale (1847-1876). Naissance d'une Internationale noire". Depuis une vingtaine d’années, l’histoire de la contre-révolution connaît de profonds renouvellements permis par l’adoption d’approches transnationales. Mon projet de recherches vise à étudier les mouvements contre-révolutionnaires d’Europe occidentale à partir de leurs relations avec la papauté sur une période allant de la guerre du Sonderbund (1847) à la deuxième guerre carliste (1872-1876). L’hypothèse de départ est que se développe à cette époque un internationalisme noir, à dimension avant tout religieuse, centré sur la papauté et relativement formalisé, que l’on peut distinguer de l’internationalisme blanc contre-révolutionnaire, plus directement politique et informel. La recherche vise à montrer l’ambivalence des relations entre ces deux mouvements, entre coopération, rivalité et instrumentalisation. L’étude de cette Internationale noire doit permettre de repenser la question de la politisation des catholiques au XIXe siècle, en montrant le potentiel paradoxalement modernisateur du catholicisme intransigeant qui, tout en étant fondé sur le rejet de la modernité libérale, conduisit l’Église à repenser les modalités de son action, notamment pour peser sur les masses. En croisant histoire des mobilisation catholiques et histoire des relations internationales, c’est également une relecture de l’histoire de la diplomatie pontificale que l’on se propose de conduire, à travers l’étude de la façon dont la papauté s’appuya sur la masse des fidèles pour conforter sa position dans le système international alors même que celle-ci se trouvait menacée par la disparition des États pontificaux.


Journal articles4 documents

  • Arthur Hérisson. LES BÉNÉFICES POLITIQUES D'UNE RELATION ÉPISTOLAIRE FRANCO-ITALIENNE AU COEUR DU RISORGIMENTO : LA CORRESPONDANCE MASSIMO D'AZEGLIO-EUGÈNE RENDU (1847-1865). Transalpina : études italiennes, Presses universitaires de Caen, 2018. ⟨hal-01935088⟩
  • Arthur Hérisson. Une mobilisation internationale de masse à l’époque du Risorgimento : l’aide financière des catholiques français à la papauté (1860-1870). Revue d’histoire du XIXe siècle, La Société de 1848, 2016, pp.175-192. ⟨10.4000/rh19.5005⟩. ⟨halshs-02936325⟩
  • Arthur Hérisson. Le Pape ou l'Empereur ? L'attitude des catholiques français face aux autorités spirituelle et temporelle au moment de l'unification italienne (1859-1861). Page19. Bulletin des doctorants du Centre de recherche en Histoire du XIXe siècle, 2016. ⟨halshs-02936358⟩
  • Arthur Hérisson. Louis Veuillot, L'Univers et l'intervention des laïcs dans les affaires de l'Église de France au milieu du XIXe siècle. Revue d'histoire de l'Eglise de France, Société d'histoire religieuse de France, 2014, 100 (2), pp.333-354. ⟨10.1484/j.rhef.5.103439⟩. ⟨halshs-02910396⟩

Conference papers1 document

  • Arthur Hérisson. Catholicisme intransigeant, progrès technique et modernité politique au milieu du XIX e siècle. La dystopie d'un « monde sans le pape » chez Juan Donoso Cortès et Louis Veuillot. Le XIXe siècle face au futur. Actes du VIIe congrès de la Société des études romantiques et dix-neuviémistes, 19-22 janvier 2016, Jan 2016, Paris, France. ⟨halshs-02936370⟩

Book sections1 document

  • Arthur Hérisson. Le journalisme catholique dans la France du milieu du XIXe siècle : une forme d’apostolat des laïcs contestée. Se faire apôtre du XIXe siècle à nos jours. L’Église catholique et les différents régimes d’apostolat dans le monde moderne, 2019. ⟨halshs-02936404⟩

Theses1 document

  • Arthur Hérisson. Les catholiques français face à l'unification italienne (1856-1871). Une mobilisation internationale de masse entre politique et religion. Histoire. Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2018. Français. ⟨tel-02936398⟩